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Rapportés en pharmacie, que deviennent les médicaments ?

Lorsqu’ils sont déposés à la pharmacie, les médicaments non consommés sont tout simplement… incinérés.

Il n’y a aucun recyclage

En rapportant gélules et sirops inutilisés à la pharmacie, vous pensiez qu’ils étaient donnés à des nécessiteux ou qu’on en récupérait les composants? Hé bien non! Petit retour en arrière. En 1993, est mise en place une des premières filières à responsabilité élargie des producteurs (REP), où les fabricants organisent et financent la fin de vie de ce qu’ils commercialisent. C’est celle des médicaments. L’apport volontaire en officine des produits non utilisés s’installe progressivement, qu’ils soient périmés ou devenus inutiles pour tel consommateur mais pouvant toujours servir. Une partie d’entre eux est alors distribuée à des fins humanitaires. Toutefois, constatant l’inadéquation des dons avec les besoins, le gouvernement les interdit en 2009. Depuis, la collecte ne sert qu’à éliminer les médicaments de façon sécurisée. Dès lors, le nom Cyclamed, donné au dispositif de récupération, prête à confusion: il n’y a aucun recyclage dans ce secteur!

Gérez bien votre armoire à pharmacie

La prévention d’abord! Même si elle figure sur l’ordonnance, on ne se fait pas délivrer une spécialité qu’on possède déjà. Et pour la bobologie (ibuprofène et paracétamol, notamment), on n’est pas obligé de respecter au mois près les dates de péremption (lire QC n° 639). Surtout, on se débarrasse des boîtes et des notices dans la poubelle des déchets recyclables, car si on les apporte en pharmacie, ils seront bêtement incinérés. En théorie, ni les compléments alimentaires ni les dispositifs médicaux ne sont concernés. Toutefois, avec certains produits, il est bien difficile de faire la distinction avec les médicaments: parmi 100 exemples, tel sirop contre la toux ou tel comprimé de vitamines peut appartenir à l’une ou l’autre des familles… Les laboratoires en sont conscients, et participent parfois sciemment à la confusion pour des raisons marketing. Quant aux pharmaciens, ils vendent les trois catégories. En pratique, aucun tri n’est opéré par la filière de mise au rebut.

Les déchets de moins en moins stockés

Officiellement, rapporter ses médicaments à la pharmacie a pour but d’éviter que, mis en décharge, ils contaminent les sols. Dans les faits, il y a peu de risques que cela arrive, et cela sera de moins en moins fréquent. L’Agence de la transition écologique (Ademe) précise qu’en 2019, seuls 20% des déchets ménagers étaient stockés, et que cette proportion diminue de 3% par an. Bref, les décharges sont appelées à disparaître. La majorité de nos ordures ménagères résiduelles (hors déchets recyclables et compostables) aboutissent dans des incinérateurs qui, en quasi-totalité, opèrent une valorisation énergétique. Les comprimés jetés à la poubelle connaissent donc le plus souvent le même sort que ceux déposés en officine. Reste la question des sirops: pas question de les verser dans l’évier pour récupérer le verre, cela risque de polluer les eaux. Hélas, le circuit Cyclamed, lui, prévoit qu’on ne sépare pas contenant et contenu; ce serait un casse-tête logistique. Résultat, du verre recyclable est brûlé dans des unités d’incinération…

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