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Santé / Alimentation

De la dinde, au dindon…de la farce

Souvenir de Noël : De la dinde, au dindon…de la farce.

Chaque année, en France, ce sont environ 2 millions de dindes qui sont abatues avant les fêtes de fin d’année. Mais la bonne dinde traditionnelle, entourée de marrons, a été remplacée par la dinde industrielle.
Sur les 50 millions de dindes qui sont tuées chaque année, dans le monde, 97 % sont issues d’un élevage industriel ! La France se situe au 3
e rang mondial.

Meleagris gallopavo (http://www.oiseaux.net/oiseaux/dindon.sauvage.html), reprofilé génétiquement pour l’élevage intensif, est la protéine de viande la moins chère du marché : son coût de production est encore plus bas que celui du poulet élevé en batterie !

Pourquoi une telle performance ? Juste avant de partir à l’abattoir, la dinde industrielle affiche sur la balance jusqu’à 20 kilos, ce qui donne, à raison de cinq volatiles par mètre carré, 100 kilos de volailles ! Une densité plus forte que celle du poulet industriel.

Si la dinde est aussi compétitive, c’est parce qu’à été sélectionnée une souche à croissance ultrarapide : la « dinde à pattes blanches ».

Le dindonneau mâle pèse moins de 100 grammes à la naissance. 105 jours plus tard, il dépasse les 15 kilos. La prise de poids la plus rapide des divers élevages de Bretagne qui produit 40 % des dindes industrielles, ou plus exactement des dindons.

Les mâles sont, en effet, deux fois plus costauds que les femelles. L’agroalimentaire préfère donc les dindons dont le poids moyen en élevage industriel ne cesse de grossir : il a presque doublé en trente ans, avec un poitrail surdimensionné dans lequel sont taillés plus de filets et d’aiguillettes.

Comme il ne peut pas entrer dans un four, contrairement à son cousin sauvage que ne pèse que 4 kilos, on retrouve notre dindon sous forme de viandes recomposées dans un tas de plats préparés : nuggets, croquettes, saucissons, boudins…

Même sa peau est uilisée en sous-produit pour confestionner ballotines et paupiettes.

Dernière trouvaille de l’agroalimentaire : la proposer en lamelles frites pour l’apéro.

Tout est bon dans le dindon ! Sauf que Meleagris gallopavo, transformé en usine sur patte, est devenu hypersensible aux infections. Il faut donc lui administrer quantité d’antibiotiques, au point d’en avoir fait la volaille la plus traitée.

Ajoutez-y une viande saturée d’eau parce qu’elle a grossi trop vite et le dindon de la farce est encore le consommateur !