UFC-Que Choisir de Rambouillet et sa Région

Environnement/Energie/Eau

Les déchets ménagers

Le tri, c’est tout sauf simple !

Le traitement des déchets :
• Un casse tête pour les collectivités
• Pas évident pour des consommateurs souvent perplexes
• Un coût pour les collectivités donc pour les consommateurs.

Le problème est pourtant simple, il faut diminuer le tout venant.
Le tout venant coûte le plus cher, il représente 60% de la facture pour 39% de tonnage, les papiers et emballage
10% du coût total, le verre 2%.
S’ajoute à ces problèmatiques les différents plastics que certains industriels refusent de traiter.
Le tri systhématique, le compostage font partie des moyens relativement facile pour dimunuer le tout venant.
Des programmes incitatifs permettent également d’améliorer les performances .

Devant une telle problématique on peut se poser la question ; pourquoi ne pas s’attaquer à ce problème à la
source ?
• moins d’emballage dans la grande distribution ;
• Plus de vrac dans nos magasins ;
• retour à la bonne vielle consigne pour les contenants.

Pour plus de détail sur les déchets ménagers, je vous invite à prendre connaissance de l’article, ci-dessous, paru
récemment dans Que Choisir.

UFC Que-Choisir Publié le: 28/08/2018
Composter et trier au maximum, une recette gagnante pour réduire ses déchets. Le tri s’étend même peu à peu à tous les emballages plastiques, mais le taux de non recyclables pose question…
Le plus coûteux dans la gestion des déchets ménagers, c’est de les envoyer en décharge ou en incinération, les chiffres de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) le démontrent (voir encadré « Vos déchets ménagers en chiffres »). À l’inverse, déposer le verre dans les conteneurs pour qu’il soit recyclé est ultraéconomique. «Les coûts montrent un fort intérêt à réduire les quantités d’ordures ménagères et à augmenter le tri, en particulier celui du verre. Le coût de gestion des ordures ménagères est plus de six fois supérieur à celui du verre», a calculé l’Ademe Grand Est pour sa région. Quant au montant du tri des emballages et des papiers, «il est en moyenne inférieur d’environ 20% à celui des ordures ménagères», constate l’agence.
Si l’on veut que les coûts baissent, il faut donc réduire au maximum la poubelle du tout-venant. Pour le verre recyclable qu’on y trouve encore, c’est simple. Il suffit de le déposer dans le conteneur dédié. Pour les déchets compostables, les biodéchets de la cuisine et ceux du jardin, les ménages qui vivent en maison individuelle sont avantagés. Faire du compost dans le jardin en mélangeant les déchets de cuisine aux déchets verts est à la portée de tous avec de la bonne volonté. La démarche paraît, en revanche, impossible en appartement. Pourtant, le
compostage collectif de quartier et en pied d’immeubles fait ses preuves dans les villes qui l’encouragent.

Casse-tête et cacophonie
Pour les emballages recyclables, qu’on jette trop souvent avec le tout-venant, c’est plutôt un casse-tête. Entre les conteneurs qui affichent «journaux magazines» alors que tous les autres papiers doivent y aller aussi, les couleurs de bacs qui diffèrent d’un endroit à l’autre comme si on prenait un malin plaisir à vous décourager de trier, et des consignes qui varient elles aussi, il y a de quoi s’y perdre. Ainsi, la bouteille plastique, on la compresse ou pas? Eh bien, tout dépend… certains centres de tri la veulent bien aplatie, d’autres la préfèrent intacte!
Pour sortir de cette cacophonie, décision a notamment été prise d’étendre les consignes de tri à tous les emballages plastiques. Beaucoup ont poussé un «ouf» de soulagement, notamment les élus locaux en charge de la gestion des déchets ménagers et des centres de tri. «Nous sommes favorables à cette extension des consignes de tri à tous les plastiques, confirme Nicolas Garnier, le délégué général d’Amorce. Aujourd’hui, personne ne comprend rien aux consignes. Elle va simplifier le geste de tri.» Autre avantage pour le représentant de cette association d’élus locaux, «tous les emballages qui restent dans la poubelle d’ordures ménagères nous coûtent très cher. Eco-Emballages [devenu Citeo] prélève, par exemple, 1centime sur chaque pot de yaourt depuis 25ans, mais n’a jamais apporté la moindre aide financière aux collectivités locales pour les éliminer. L’extension de la consigne de tri a le mérite de mettre tous les emballages plastiques en partie à sa charge.» L’extension booste aussi le tri des autres matériaux. Dans le Grand Besançon, si la mesure a permis de collecter 2,2kg de plastiques de plus par habitant, la collecte sélective est passée de 64 à 68kg.

Des usagers perplexes
Concernant les usagers, la simplification arrange mais elle suscite en même temps des questions. La raison? Si la démarche a commencé en 2012, les centres de tri modernisés et automatisés pour prendre tous les emballages plastiques en charge demeurent très minoritaires. À ce jour, 75% de la population en reste aux consignes classiques, triant seulement les bouteilles et les flacons plastiques. Du coup, les incompréhensions fleurissent.
«Nous avons la chance que 90% du département et l’ensemble de notre territoire soient passés en extension de consignes, explique Karine Bruyant, directrice du développement du Smedar, le syndicat de traitement des déchets de Rouen Métropole et ses environs, qui dessert 610 000 habitants. Mais la phase de transition est compliquée. Citeo communique sur les consignes de tri classiques, les gens s’interrogent.» Et les questions fusent, du genre:
«Il est écrit “à jeter” sur mon emballage et vous me dites de le trier, qui croire?»

Le biodégradable, une menace !
Et puis trier, c’est bien… si c’est pour recycler. Mais dans les nouveaux plastiques collectés par les centres de tri, certains partent dans leurs «refus de tri» et filent ensuite par camion vers l’incinérateur. Les autres, très majoritaires, vont vers les filières de recyclage… où beaucoup sont mal reçus! «L’extension des consignes de tri nous apporte des gisements supplémentaires mais les plastiques ne sont pas compatibles entre eux, souligne Olivier Vilcot, vice-président du SRP, le syndicat des régénérateurs de matières plastiques. Plus on a de plastiques différents, plus on dégrade la qualité du plastique recyclé. Or, nos clients veulent des résines de qualité.» Et de citer les nouveaux indésirables qui mettent les filières de recyclage en danger. Les pots de yaourts et de laitages en polystyrène, qui perturbent le recyclage du polypropylène et du polyéthylène. Les barquettes en PET, «qui sont pour partie en plastique multicouches», précise Olivier Vilcot, et qui font jaunir le PET clair recyclé destiné à refaire des bouteilles transparentes! Les bouteilles de lait en PET opaque, qui handicapent le recyclage du PET foncé.
«C’est, de plus, un matériau franco-français, insiste-t-il. Ailleurs, les bouteilles de lait sont en PEHD, qui se recycle
très bien.»
Sans compter la menace des sacs et autres emballages biodégradables, car le biodégradable ne se recycle pas.
«Le plus cocasse, complète Olivier Vilcot, c’est que les sacs biodégradables ne se dégradent pas non plus dans la nature. Il leur faut des conditions très particulières.» Actuellement, si les fractions de nouveaux plastiques indésirables collectées restent à peu près compatibles avec le recyclage, «on ne peut pas aller au-delà», avertit le SRP. Un vrai souci, puisque trois ménages sur quatre ne sont pas encore concernés par cette extension du tri à tous les emballages plastiques.

On est loin de tout recycler
Chez Citeo, l’éco-organisme en charge des emballages et des papiers, qui est issu du rapprochement entre Eco-Emballages et Ecofolio, on évolue. Entièrement financé par les cotisations des industriels et des distributeurs qui mettent des emballages sur le marché, il commence à admettre que certaines catégories de plastiques, triées en mélange avec les bouteilles et les flacons depuis l’extension des consignes, posent problème. «Notre mot d’ordre est “triez tout” pour simplifier le geste de tri, mais 25% des nouveaux emballages plastiques collectés sont envoyés en refus de tri», concède Carlos de Los Llanos, directeur scientifique de Citeo. Qu’il s’agisse des mélanges plastique/alu comme les paquets de café ou les sachets de chips, des plastiques multicouches ou encore des petits emballages, ils finissent brûlés après avoir été triés. Quant au PET opaque, aux barquettes en PET et au polystyrène, «ils sont de fait actuellement sans débouché de recyclage, reconnaît Carlos de Los Llanos. Nous allons créer un nouveau flux pour les regrouper à part en centres de tri, puis les récupérer et les prendre en charge. Nous travaillons avec des industriels sur des projets de recyclage chimique.»
De son côté, Nicolas Garnier martèle que «si on trie, il faut une obligation réglementaire de recyclage». Les producteurs mettent pourtant les résines plastiques de leur choix sur le marché sans se soucier de leur fin de vie.
Ils mélangent les polymères, multiplient les adjuvants sans se préoccuper du recyclage. De plus, les emballages non recyclables ou perturbateurs de recyclage ne sont même pas pénalisés financièrement, à l’exception du malus sur le PET opaque qui a été imposé par le précédent gouvernement. L’écoconception laisse tout autant à désirer.
«Elle se limite à utiliser moins de matière, c’est juste un outil économique de compétitivité pour le fabricant», ont dénoncé les professionnels de la filière déchets, réunis en colloque sur «Le recyclage des plastiques» en juin dernier. Compte tenu du taux de plastiques non recyclables, l’objectif de «100% de plastiques recyclés à l’horizon 2025», brandi comme un étendard par la feuille de route gouvernementale sur l’économie circulaire, paraît quelque peu illusoire.

Les acteurs du tri
• Les collectivités locales : elles gèrent la collecte et les centres de tri.
• Citeo (ex-Eco Emballages) : l’éco-organisme impose ses consignes de tri aux collectivités et leur apporte un soutien financier.
• Les filières de recyclage : les recycleurs récupèrent les matériaux triés par les centres de tri selon les exigences de Citeo.

 

Vos déchets ménagers en chiffres (1)

Ordures ménagères : Une facture salée
• 262 kg/habitant/an
• Coût net/habitant : 56 €/an
• 60 % du coût total, pour 39 % des tonnages
Dans les ordures ménagères destinées à la décharge ou à l’incinération, on trouve des déchets qui n’ont rien à y faire! Soit en moyenne, par habitant, plus de 40 kg d’emballages recyclables et 110 kg de déchets compostables, surtout des biodéchets. 150 kg qu’on ferait mieux de valoriser en matériau recyclé ouen engrais. D’autant que stockage et incinération coûtent plus cher que les autres filières aux collectivités locales. En plus, la réduction est possible, comme le démontre le Grand Besançon, seule grosse agglomération à facturer les déchets en redevance incitative (2) plutôt qu’en impôt local. On n’y produit que 150 kg d’ordures/habitant. En Lorraine, des collectivités en redevance incitative font mieux encore avec 122 kg/habitant.

Emballages et papiers : Il faut trier plus
• 47 kg/habitant/an
• Coût net/habitant : 9 €/an
• 10 % du coût total, pour 9 % des tonnages
On recycle 57 % des journaux, magazines et tous papiers, moins d’emballages alu et acier, et à peine 22 % des emballages plastiques ! Pourtant, trier plus serait utile. Sauf s’ils sont en bouchon ou déchiquetés, tous les papiers se recyclent, cahiers à spirales et annuaires compris, même si le conteneur n’indique que « journaux magazines ».
Toutefois, papier et plastique ne font pas bon ménage. Il faut ôter les films plastiques d’envoi, éviter les enveloppes à bulles. Mais enveloppes à lucarne et sacs papier avec une partie transparente sont acceptés. Le recyclage du plastique reste minime. Hors bouteilles, sauf dans les localités déjà passées à l’extension des consignes de tri à tous les emballages plastiques, les autres vont dans les ordures ménagères.

Verre : Quel manque de pots !
• 29 kg/habitant/an
• Coût net/habitant : 1,70 €/an
• 2 % du coût total, pour 7 % des tonnages
Sachant que des collectivités locales passées à la redevance incitative en collectent 50 kg, on trouve encore en moyenne 20 kg de verre recyclable dans la poubelle d’ordures ménagères. Un non-sens, car il se recycle à l’infini sans perte de qualité, et le trier coûte bien moins cher. Si le tri des bouteilles, qui a débuté dans les années 70 avant le tri sélectif, est passé dans les moeurs, le dépôt des contenants plus petits reste très faible. Pourtant, bocaux, pots (confiture, légumes, yaourts… à déposer sans leurs couvercles) et flacons se recyclent aussi. Le reste est à jeter avec les ordures ménagères ou à donner : vaisselle en verre, plats type pyrex, cristal, miroir, écran, pare-brise, ampoules (qui se rapportent en magasin).

Déchetterie : N’en jetez plus
• 148 kg/habitant/an
• Coût net/habitant : 20 €/an
• 21 % du coût total, pour 38 % des tonnages
On met à la déchetterie trop de choses n’y ayant pas leur place. La reprise gratuite est en effet obligatoire en magasin pour l’électroménager, la télévision, l’ordinateur et les autres appareils domestiques dès qu’on en achète un neuf. C’est un coût en moins s’ils ne vont pas en déchetterie. Pour les déchets verts, c’est pareil. Compostage, paillage et broyage sont possibles et, de plus, utiles au jardin. On peut aussi proposer les meubles et certains encombrants à des associations s’ils sont en bon état, ou à des ressourceries. Les textiles se déposent dans les conteneurs dédiés. Car même si le service semble gratuit, les déchetteries coûtent cher aux collectivités locales.
Donc aux administrés via la taxe d’ordures ménagères ou la redevance.
(1) Quantités et prix moyens, chiffres Ademe, mars 2018.
(2) On paie en fonction des quantités d’ordures ménagères jetées.
Mémo du trieur
• N’imbriquez pas les emballages les uns dans les autres.
• Ne les mettez pas en sac, sauf si c’est le sac de tri fourni.
• Pliez les cartons.
• Que des emballages et des papiers, pas de couches, d’ordures…

 

Des emballages problématiques

Bouteilles de lait en PET opaque
Non seulement le PET opaque ne se recycle pas, mais il perturbe le recyclage du PET coloré. Préférez le lait vendu en bouteilles en PEHD, le plastique classique qui se recycle (chiffre 2, ou mention PEHD ou HDPE inscrite sous la bouteille).
Pots de yaourts en polystyrène
Les centres de tri regroupent le polystyrène en mélange avec le polyéthylène et le polypropylène, deux résines facilement séparables et recyclables, sauf s’il y a du polystyrène en plus ! Les recycleurs doivent alors le retrier.
Pots en céramique ou en grès
Ces matériaux ne se recyclent pas et se jettent avec les ordures ménagères. Quand l’alternative existe en verre, n’hésitez pas, lui se recycle à l’infini.
Sachets de café et de chips, gourdes de compote
En mélange de plastique et d’aluminium, ils sont impossibles à recycler. Quand ils arrivent dans les centres de tri passés en extension de consignes, ils échouent dans les « refus de tri », comme les plastiques multicouches. Ils finissent donc dans l’incinérateur. Pas terrible !
Les sacs biodégradables
Ils ont tous les défauts!
1. Ils ne se recyclent pas.
2. Ils perturbent le recyclage.
3. Jetés dans la nature, ils ne se dégradent pas mieux que les sacs classiques.
4. Sauf présence de la mention «ok compost home» dessus, ils ne se décomposent pas dans le compost de jardin.


Élisabeth Chesnais